Fragilité économique de la sécurité privée : le rapport IGA-CGefi est public

Vendredi 04 Septembre 2026

L'Inspection générale de l'administration et le Contrôle général économique et financier ont rendu public en juillet leur rapport sur les causes et conséquences de la fragilité économique du secteur de la sécurité privée, daté de mars 2026. La mission avait été commandée en novembre dernier par les ministères de l'intérieur et de l'économie. L'analyse est resserrée sur les activités de surveillance humaine et de gardiennage.

Les constats. La mission confirme la faiblesse structurelle du sous-secteur, qu'elle attribue à un marché où les donneurs d'ordre placent le prix avant la qualité de service : marge brute du gardiennage à 3,5 % en 2023, trésorerie moyenne de trente jours, déficit de recrutement estimé à 24 000 équivalents temps plein. Elle observe toutefois que le secteur figure parmi les secteurs fragiles sans être ni le seul, ni le plus en difficulté, et en déduit qu'une intervention économique spécifique de la puissance publique ne s'impose pas d'évidence. La garantie financière est écartée.

Les recommandations. Le rapport en formule huit, dont deux appellent une réflexion immédiate des entreprises :

- La limitation de la sous-traitance à un rang pour la surveillance et le gardiennage, contre deux aujourd'hui. Le rapport valide expressément une alternative à la cascade, la sous-traitance dite en râteau : un titulaire pivot qui répartit sa prestation entre plusieurs sous-traitants de premier rang, tous rattachés directement au contrat principal.

- La clarification du principe d'exclusivité, dont la suppression n'est pas recommandée. Des doctrines évolutives sur les activités connexes devraient être développées via la commission d'expertise du CNAPS. Elles n'existent pas à ce jour, et la mission reconnaît que l'insécurité juridique tient à une application dont la rigueur varie.

Dans l'attente de ces doctrines, la charge du risque reste sur l'entreprise. Délimiter et documenter le périmètre réel des prestations, tâche par tâche et site par site, demeure la seule protection disponible.